Blog de Julien BAINVEL, conseiller municipal de Nantes, chargé des finances, des mobilités, élu du quartier Breil Barberie - Conseiller métropolitain de Nantes Métropole - Secrétaire Départemental Adjoint - Les Républicains 44
En 1791, les Chaurand, famille de riches armateurs investissant sur des navires reliant le port de Nantes aux Amériques (Veracruz,
Lima et La Havane notamment) dans le cadre de la traite négrière, acquièrent le domaine de la Gaudinière et créent le parc attenant.
En 1814, il change de propriétaire avant de passer dans le giron des Gouin sous la restauration.
La propriété est alors composée d'une maison d'habitation avec cour d'honneur, d'une chapelle, d'un jardin anglais avec orangerie, d'un verger avec étang et d'un bois. Elle offre un cadre
agréable pour un gentleman-farmer manifestant de l'intérêt pour la nouvelle mode des jardins d'agrément et pour les plantes venues d'Amérique et récemment introduites comme le magnolia et le
cyprès-chauve.
En 1857, le domaine d'une superficie de 8 hectares est racheté par un banquier, Monsieur Brousset. Le parc connaît alors des extensions et des embellissements notables avec le concours de
l'architecte-paysagiste Provost. C'est notamment lui qui fait édifier, entre 1864 et 1873, le château actuel sur l'emplacement de la précédente demeure. Les briques rouges tranchent avec le blanc
du tuffeau habituellement utilisé pour les folies nantaises et les grandes demeures bourgeoises des bords de l'Erdre.
C'est également en 1864 qu'est introduit et planté près du château un séquoia géant d'Amérique du Nord, dans la partie haute du parc.
A la fin du 19ème siècle, le parc atteint une superficie de 17 hectares.
La Gaudinière atteint son apogée de parc privé dans les années 1920 avec la famille Belot devenue propriétaire du site en 1918. Elle restaure le parc durant deux années avec le concours des frères Lizé, horticulteurs-paysagistes nantais renommés.
Mais en 1936, le domaine est racheté par la Ville de Nantes afin d’y aménager un cimetière (sur 5 hectares). La Ville souhaitait également acquérir un nouveau parc (de 7 hectares). Celui-ci sera ouvert au public l’année suivante (1937).
La famille Belot qui avait conservé le château et ses dépendances dans le démembrement du parc, s’en sépare en 1942. Elle le vend à la Fondation des Orphelins Apprentis d’Auteuil.
En 1948, la Caisse régionale d’assurance maladie (CRAM) rachète le château afin d’y créer un centre de rééducation fonctionnelle. Des bâtiments sont alors construits sur trois côtés du château de la Gaudinière.
Le béton vient alors « contrarier » la singularité que lui conférait le rouge des briques innervant ses façades.
Mais à l’étroit dans des locaux qui ne peuvent être étendus (la propriété est située dans une zone boisée classée), la CRAM doit envisager dans le courant des années 1980 le transfert de son centre de rééducation. Celui-ci est effectué en 1992.
La Ville de Nantes rachète alors le château et ses abords. Deuxième et dernier acte de l’entrée de la propriété de la Gaudinière dans le domaine de la Ville.
Dès l’acquisition du château, la Ville procède à des travaux de réhabilitation et de rénovation afin de rendre à cette bâtisse son aspect originel.
Les bâtiments qui l’entouraient sont détruits, permettant ainsi au château d’être reconnecté à son environnement végétal, décrit dans les années 1960 comme « un joyau dans la parure sylvestre nantaise ». Le mur qui séparait le parc en deux parties est supprimé et trois allées sont réalisées afin de rendre au parc de la Gaudinière l’unité qui lui avait fait défaut durant presqu’un demi-siècle.
Puis les communs et les écuries sont rénovés afin de servir de locaux pour les agents du service espaces verts et environnement de la Ville, service en charge de la gestion du parc qui se déploie sur 12,5 hectares d’espace vert et naturel.
Petit à petit, le parc de la Gaudinière retrouve son éclat d’antan.
Entre le dénivelé du parc et ses frondaisons procurant ombre et fraîcheur notamment en été, le parc de la Gaudinière s’est rapidement distingué dans le patrimoine végétal que recèlent les parcs et jardins nantais. C’est dans cet esprit qu’est mené le réaménagement du ruisseau de la Patouillerie dont le débit, lors de fortes intempéries, pouvait entraîner l’érosion voire le creusement de ses berges. Ce ruisseau, avec une déclivité de douze mètres sur les 150 premiers mètres, avait besoin de retrouver un lit en bon état ainsi qu’un débit régularisé.
D’importants travaux sont donc réalisés afin de créer une véritable scène naturelle de cascade dans un décor de paysage de montagne, entre 1989 et 1992. C’est un aléa climatique (une tempête en février 1989 a renversé une trentaine d’arbres dans la partie haute du parc et a occasionné de gros dégâts) qui accélère le lancement de ce chantier.
Autre trait particulier du parc de la Gaudinière : de la fin de l’hiver à l’automne, un tapis lumineux de fleurs à bulbes se déploie dans le parc, l’irradiant en « Val d’Or ». Donnant d’ailleurs ainsi l’étymologie du nom de la commune voisine d’Orvault. Les 1600 000 bulbes de jonquilles, crocus, iris, et autres narcisses ont depuis essaimé et ce sont sans doute près de 400 000 bulbes qui éclosent ainsi avec un pic de floraison atour du 15 mars. Pour le plus grand bonheur des promeneurs du val de la Gaudinière.
Aujourd’hui, si le parc de la Gaudinière est réellement un parc magnifique, il est, à mes yeux, indispensable d’utiliser, de donner une destination au château. Je sais que beaucoup de Nantais et de nombreux riverains attendent que ce château reprenne vie : qu’il soit occupé, qu’il redevienne un lieu de vie. Sous quelle forme ?
Je crois qu’il faut en discuter le plus largement possible avec tous les acteurs du quartier mais aussi avec tous les promeneurs qui aiment ce parc : maison des associations, salle festive, café-restaurant, crèche municipale… toutes les voies doivent être explorées.
Mais une chose est certaine, il ne faut pas laisser ce château inoccupé.
Tous les avis sont bons à prendre. N’hésitez à laisser vos commentaires.