Blog de Julien BAINVEL, conseiller municipal de Nantes, chargé des finances, des mobilités, élu du quartier Breil Barberie - Conseiller métropolitain de Nantes Métropole - Secrétaire Départemental Adjoint - Les Républicains 44
Monsieur le Maire,
Mes chers collègues,
L’examen du rapport d’activité de Nantes Métropole est l’occasion pour nous de rappeler les dysfonctionnements de la communauté urbaine de Nantes, en particulier sur sa situation financière très
dégradée, le manque d’ambition environnementale et la fin des politiques volontaristes dans le domaine du logement et des transports.
L’absence de programmation pluriannuelle d’investissement traduit une incapacité à mettre en place une prospective, en raison de la grave dégradation de la situation financière de Nantes Métropole.
Nantes Métropole est financièrement malade, victime d’une mauvaise gestion qui la mine et pour laquelle vous tentez de trouver un remède après avoir nié celle-ci pendant tout le mandat précédent. Le bon sens aurait voulu que Nantes Métropole fasse bien avant, preuve de rigueur budgétaire.
L’encours de la dette ne cesse d’augmenter, elle est à présent de 720 millions d’euros et estimé à plus de 750 millions pour 2009. Cela impacte directement la capacité de désendettement de la Communauté Urbaine de Nantes qui a augmenté de 3 ans depuis 2006, pour se situer à 8,3 ans. L’encours de la dette par habitant est à présent de 1290 euros. La gestion financière est donc à la dérive.
Pour tenter de redresser la barre, les dépenses de fonctionnement tentent d’être stabilisées, augmentation de 2,6 % grâce à la mutualisation, qui à ce jour se traduit par une augmentation du nombre d’emplois, et les investissements importants sont contraints : ainsi le développement de nouveaux axes majeurs de transport n’est plus d’actualité : les projets sont revus à la baisse (Fabrique, …) ou abandonnés (Ligne 5). Bonne nouvelle néanmoins, les promesses du précédent mandat vont enfin être mises en œuvre : stade d’athlétisme, franchissement de Loire…
Malgré une communication rondement menée, un autre domaine ne semble pas au cœur des priorités de Nantes Métropole, l’environnement. Les ordres du jour des commissions Environnement sont à ce titre très révélateur avec régulièrement aucune délibération à examiner.
La mise en place du système TRI’SAC est tardive, trop étalée dans le temps, notamment en comparaison de communes de la région parisienne. Nous nous félicitons néanmoins de la reprise de certaines de nos propositions constructives, à savoir :
· la mise en place d’une carte pour contrôler la distribution des sacs de couleur,
· l’organisation une fois par trimestre dans les quartiers des opérations de sensibilisation et de distribution des sacs grâce aux ambassadeurs du tri ;
· l’extension des horaires d’ouverture des points de distribution.
Mais des progrès restent à réaliser, notamment quant à la pertinence des points de distribution.
Malgré le succès des expérimentations menées sur les communes d’Orvault et de Bouguenais, Nantes Métropole a renoncé à développer le compostage domestique, en ne distribuant plus de composteurs.
Ceci est regrettable, puisque dans ces communes, la satisfaction est générale parmi les habitants et il a été ainsi constaté une réduction du volume d’ordures ménagères résiduelles. Dommage pour les Nantais intéressés ainsi que pour l’atteinte des objectifs nationaux en termes de réduction de production de déchets.
Par ailleurs, 2008 aura été la dernière année de plein exercice du Prêt à Taux Zéro de Nantes Métropole. Celui-ci est remplacé par une subvention. Cela est regrettable car le PTZ permettait à des jeunes ménages d’accéder à la propriété en obtenant des prêts complémentaires auprès des organismes bancaires. Les chiffres du bilan du PTZ de Nantes Métropole étaient encourageants et attestaient de sa légitimité à répondre à une vraie demande de nos concitoyens. Les professionnels ont tous regretté la suppression de l’ancien dispositif dont la seule véritable critique émise par votre majorité est d’avoir trop bien fonctionné.
Ces dispositions mises en œuvre par Nantes Métropole ne participeront ni à la lutte contre l’étalement urbain, ni à la relance du parcours locatif, surtout avec un objectif de 500 dossiers par an.
A ce titre, il convient de rappeler que seulement 36% des résidants de l’agglomération sont actuellement propriétaires de leur logement et que plus de la moitié des ménages originaires de Nantes Métropole font construire en dehors de l’agglomération en raison du coût de l’immobilier. Avec cette politique, Nantes Métropole a décidé que seuls les riches pourraient devenir propriétaires. Nous ne partageons pas cette vision.
Enfin en ce qui concerne les transports : Nantes Métropole a vu le lancement de son service de location de vélos à la demande en libre service. Double constat. Satisfaction d’avoir ce service à Nantes, mais déception devant son développement à minima et le peu d’ambition affichée plus généralement pour faciliter la pratique du vélo.
En ce qui concerne les transports en commun, c’est le stand bye du développement des grandes infrastructures et les évolutions à venir de nous prédisent rien de bon.
Pour résumer, la situation financière de Nantes Métropole l’oblige à réduire sa politique d’investissement. Une gestion plus rigoureuse par le passé aurait permis d’éviter cette situation.