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14 novembre 2009 6 14 /11 /novembre /2009 07:49

En dix ans, le Breil Malville a changé de visage. Réhabilitations et construction de nouveaux logements, développement des équipements publics et commerciaux, aménagement des espaces publics : les travaux ont embelli le quartier, désormais plus ouvert sur le reste de la ville, plus vivant aussi. Depuis l’été dernier, le projet urbain est entré dans une nouvelle phase.

 

Entre la route de Vannes, les boulevards des Anglais, du Massacre et de Coubertin, le quartier du Breil-Malville comptait, au dernier recensement, quelque 3 900 habitants et 1 700 logements sociaux. Un quartier discret, construit au début des années 1960 pour accueillir notamment les rapatriés d’Algérie. Mais trente ans plus tard, le quartier a vieilli et se dégrade, enclavé par les « barres » d’immeubles qui le séparent du reste de la ville. Le chômage aidant, la population se paupérise et la vie associative a du mal à retrouver un second souffle. Quant au centre commercial, la seule clientèle du quartier ne suffit plus à assurer sa pérennité. « Il devenait urgent d’intervenir » fait remarquer Emmanuel Guérineau en charge du projet pour Nantes Habitat, principal bailleur social du quartier. En 1999, après un premier diagnostic établi par Béture Conseil, la Ville confie à l’Atelier Ruelle la mission d’établir un programme d’intervention sur les espaces publics et les équipements. Plusieurs axes se dégagent : restructurer le centre commercial ; réhabiliter et diversifier l’habitat ; aménager les espaces publics ; adapter les équipements aux besoins des habitants.


Sophie Alperte, chargée de quartier, précisé : « C’était le bon moment : le quartier allait évoluer avec l’arrivée du tramway, l’installation du siège de la CAF et la démolition-reconstruction de l’îlot Tolède-Géo-André. Nous comptions aussi sur la mobilisation des associations et des habitants dans le cadre du Comité consultatif de quartier récemment créé ».

 

Comme dans de nombreux projets urbains, la dimension habitat est prépondérante. Ainsi, le premier acte du projet est posé en 1999 avec la démolition des 140 logements de l’îlot Tolède-Géo-André, « point de crispation important du quartier » aujourd’hui remplacés par 39 pavillons en accession à la propriété et 11 locatifs sociaux.

Nantes Habitat prévoit ensuite des travaux de réhabilitation en trois tranches.

En 2003, démarre la réhabilitation de 321 logements sur le groupe Feyder.

À partir de 2004, c’est au tour des 385, logements du secteur Coubertin. C’est dans ce cadre qu’en 2005 ont été démolis le proche et 24 logements rue de la Maison Blanche. Une façon d’ouvrir les espaces, de faciliter les accès et de casser l’effet « barre ». 57 logements ont été construits durant cette période.

Été 2009 : Nantes Habitat lance la troisième et dernière phase de travaux avec la démolition du porche Raimu et de ses 18 logements. Cette démolition, prévue de longue date, fait partie intégrante du programme de requalification de 296 logements sur le secteur Méliès. Démarré début octobre, le programme s’achèvera en 2011. A noter a réalisation d’un mur végétalisé de 100 m² en pignon qui donnera sur la future esplanade Raimu. « Au terme du projet urbain, plus de 1 000 logements auront été réhabilités » souligne Emmanuel Guérineau.

De son côté, la Nantaise d’Habitations construit actuellement 56 logements locatifs sociaux dans des « villas urbaines » rue de la Maison Blanche. La livraison est prévue fin 2010. L’an prochain, elle engagera un vaste programme d’embellissement extérieur sur l’ensemble de la résidence Le Breil.

 

Le développement des équipements publics et commerciaux constitue un point d’ancrage important du projet avec, en premier lieu, la transformation complète du centre commercial. Reconstruit dans le cadre d’une zone d’aménagement concerté (ZAC), il est inauguré à la rentrée 2003. Avec sept commerces et des abords réaménages, il est désormais bien visible et accessible depuis le boulevard de Coubertin. «  Nous avons travaillé en étroite collaboration avec les commerçants. Il était essentiel pour la survie du centre d’attirer une nouvelle clientèle de passage, tout en restant identifié comme un centre de proximité » témoigne Sophie Alperte. La chargée de quartier poursuit sur les équipements publics : « Construits dans les années 1960-1970, ils avaient vieilli et ne répondaient plus aux besoins des habitants du quartier… ». Ainsi, en 2003, le multi-accueil déménage pour s’installer dans un pavillon rue de la Maison Blanche ; en 2005, le centre médico-social s’installe à l’arrière du nouveau centre commercial ; le centre socioculturel devenu maison de quartier, est réhabilité et désormais consacré aux seuls activités de l’Accoord et des associations ; le restaurant-club est entièrement refait, ainsi que le gymnase Coubertin…


Et puis, il y a l’école élémentaire : le bâtiment a été rénové et en partie réaffecté : un tiers reste utilisé par l’école élémentaire Jacques Prévert, un tiers est occupé par le centre de loisirs, le dernier tiers accueillant un pôle associatif à l’étage et une salle festive au rez-de-chaussée. Aux côtés d’associations déjà bien implantées sur le quartier, le pôle accueille des « petites nouvelles » venues de l’extérieur : la compagnie de danse Écart, l’association Lolab qui travaille autour du multimédia, des arts plastiques et de la musique, et enfin, l’association Ping liée aux usages du multimédia.

Pour la dernière phase du projet urbain, la création d’une médiathèque et l’extension du gymnase du Breil, avec la construction d’un dojo et d’une salle d’armes, sont à l’étude.

 

Depuis 2003, de nombreuses interventions ont eu lieu sur les espaces publics. Accompagnant la transformation du centre commercial et facilitant l’ouverture du quartier vers le sud, la rue Feyder est prolongée jusqu’au boulevard de Coubertin. Plus au nord, le square Louis Feuillade est créé au pied des immeubles avec des jeux et une pataugeoire pour enfants.

Desservant la salle festive, le pôle associatif, le centre de loisirs et les écoles Jacques Prévert, « la Grande Allée » est réaménagée : ses abords, plantés, sont désormais équipés de jeux pour enfants et d’un citystade en accès libre. À proximité, les espaces publics des secteurs Feyder et Jules Noël sont restructurés. Enfin, les espaces extérieurs de la résidence « Le Dolmen » de la Nantaise d’Habitations ont été entièrement refaits.

Mise en œuvre l’été dernier, la démolition du porche Raimu marque le coup d’envoi d’une nouvelle phase de travaux. Elle laisse libre un vaste espace piéton de 900 m², comme une respiration du quartier vers l’extérieur et vers la ligne 3 du tramway. L’aménagement de cette esplanade devrait démarrer au cours du dernier trimestre 2010. Enfin, en accompagnement des travaux de réhabilitation entrepris par Nantes Habitat et la Nantaise d’Habitations, des travaux de réfection sont prévus sur les rues Raimu, Méliès, Maison Blanche et le haut de la rue des Plantes.

 

« Le projet urbain s’est déroulé en concertation avec les habitants. Le renouvellement du quartier, sa mise en mouvement, se sont faits en laissant du temps à la réflexion et au dialogue » fait remarquer Rémy David de la direction de l’urbanisme.

Le dialogue s’engage dès 1999 et se développe avec le concours du cabinet Aurès-Miroir : un travail commun qui donne lieu notamment à une exposition intitulée Sans mémoire, pas d’avenir, ainsi qu’à la création d’un collectif d’habitants autour de la mémoire du Breil. Histoire, réussite éducative, jeunesse, vie associative : autant de thèmes qui structurent aujourd’hui la dynamique du quartier. Sans compter les échanges autour de l’aménagement. Le devenir de l’esplanade Raimu par exemple, fait l’objet d’une concertation forte : en 2008, les associations Mire et Bruit du frigo ont organisé deux semaines de rencontre au « bistro du proche ». 600 personnes sont venues fréquenter ce lieu éphémère et convivial pour échanger et imaginer ensemble l’aménagement futur de l’espace. Les idées seront reprises au cours de réunions de concertation organisées fin 2009.


Pascale Scilbo, adjointe du quartier, conclut : « Dans ce quartier, il y a une participation exemplaire des habitants. De nombreuses idées sont déjà dans l’air, comme la création d’un lieu de convivialité, d’un espace festif et de bornes de repérage ludiques sur l’esplanade, mais l’on parle aussi de la création de jardins partagés et de l’extension de la parcelle aromatique… ». Des projets à suivre.

 

Nantes Passion – Novembre 2009

 

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