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4 septembre 2015 5 04 /09 /septembre /2015 11:00

Au cœur de l’été, Johanna Rolland a, avec Gérard Collomb, Maire PS de Lyon et Anne Hidalgo, Maire PS de Paris, écrit au Président de la République et au Premier ministre pour regretter la diminution des aides de l’État aux collectivités locales et demander un étalement dans le temps de ces mesures.

Ce courrier appelle plusieurs remarques de ma part.

D’abord sur la forme.

C’est par la voie écrite et en toute discrétion que Johanna Rolland a fait le choix de s’adresser au Président et à son Premier ministre.

Qu’elle est loin l’époque où sous un autre Gouvernement, Johanna Rolland et ses amis socialistes criaient au désengagement de l’État, attaquaient l’État en justice pour obtenir de meilleures compensations, n’avaient pas de mots assez durs contre un Gouvernement, certes de droite, qui décidait de geler les dotations aux collectivités.

Le gel étant donc une règle claire qui n’entrainait ni augmentation, ni diminution des dotations de l’État.

Aujourd’hui, loin de dénoncer, d’attaquer, voire d’insulter comme auparavant la Maire de Nantes se contente de regretter.

Sur le fond ensuite.

Que le Gouvernement socialiste ait décidé malgré les promesses de campagne de François Hollande en 2012, de diminuer les dotations aux collectivités, personne ne peut le nier.

Considérer que ces diminutions massives et inédites compliquent grandement la construction des équilibres budgétaires pour les communes, dont Nantes, personne ne peut le nier.

Mais est-ce que l’envoi d’un courrier à François Hollande et Manuel Valls réglera le problème. Pas du tout.

D’abord parce que la situation budgétaire de la France est proche du désastre. Et que incapable de réaliser des économies, l’État est contraint de diminuer les dotations aux collectivités ce qui ne fait que constituer une moindre dépense en reportant le devoir d’économiser sur d’autres.

Mais bien évidemment cela n’est pas suffisant.

Car Johanna Rolland ne réagit pas de la bonne manière à ce désengagement de l’État.

Mme Rolland annonce qu’une diminution des aides de l’État l’obligerait à diminuer ses investissements et donc provoquerait des difficultés pour le secteur du BTP (qui n’en manque déjà pas).

Pourquoi la Gauche reste-t-elle toujours prisonnière de ce raisonnement anti-économique ?

Dans une famille, un ménage, une entreprise, lorsque les revenus baissent, il n’y a d’autre choix que faire des économies.

A Nantes, on ne réfléchit pas de cette manière.

La Ville dépense chaque année depuis 2012 davantage qu’elle ne perçoit. Elle vit donc largement au dessus de ses moyens, son épargne diminuant chaque année un peu plus (puisque la ville pioche dans ses réserves pour payer ce qu’elle dépense). Résultat, le matelas a quasiment disparu.

Et effectivement, Mme Rolland a fait le choix de diminuer les investissements, ces investissements utiles aux Nantais et qui créent des emplois dans nos petites et moyennes entreprises en remplissant les carnets de commande.

La solution est pourtant simple et nous ne cessons de la rappeler. Pour compenser la baisse des aides de l’État, il faut faire des économies sur les dépenses de fonctionnement.

Car c’est bien sur les plus gros postes budgétaires, que la Ville dispose de ses plus grandes marges de manœuvre et peut réaliser les économies les plus importantes. La voie est donc toute tracée : d’abord diminuer les dépenses de personnel. Cela passe bien sur par le non-remplacement systématique des départs à la retraite, par un temps de travail plus élevé. Cela passe également par une diminution des subventions aux associations en fixant des règles, des critères, des objectifs aux acteurs avec lesquels la ville travaille et en regardant quelles sont les capacités réelles de chaque association.

Enfin, la Ville doit se recentrer sur ses compétences et arrêter de se disperser dans des actions, projets, financements qui ne relèvent pas de ses missions.

Tout cela nécessite du courage de la part des responsables politiques. Mais très franchement, j’ai le sentiment que la situation économique est telle que le courage n’est plus une option, il s’impose à tous.

Cela nécessite également une prise de conscience de nos concitoyens qui doivent comprendre, accepter, que la ville, et les collectivités en général ne peuvent plus vivre au dessus de leurs moyens et ne peuvent pas tout faire, tout financer. Il faut, comme nous le faisons chacun dans nos foyers, hiérarchiser, prioriser, reporter certaines dépenses, réduire la voilure, pour ne pas entrer dans la spirale du surendettement.

Il est grand temps que Mme Rolland prenne conscience de cette réalité pour que la ville de Nantes (et la métropole qu’elle dirige également) ne sombre pas dans une spirale infernale.

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Published by Julien BAINVEL
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Marnot 06/09/2015 01:08

Madame Rolland n'était pas Maire de Nantes lorsque Fillon était Premier Sinistre. Votre argumentaire pêche dès le départ. Les collectivités n'ont pas "besoin " de ces crédits d'Etat, elles ont besoin par contre d'une fiscalité directe et/ou indirecte, leur assurant la plus large autonomie. C'est ce que les lois de 1982 et 1983 avaient commencé à mettre en oeuvre et qu'il faut complèter.

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